| titre original | "The good German" |
| année de production | 2006 |
| réalisation | Steven Soderbergh |
| scénario | Paul Attanasio, d'après le roman "L'ami allemand" de Joseph Kanon |
| photographie | Steven Soderbergh |
| montage | Steven Soderbergh |
| musique | Thomas Newman |
| interprétation | George Clooney, Cate Blanchett, Tobey Maguire, Beau Bridges, Robin Weigert |
Review de Sébastien Miguel
Echec critique et public total pour cette œuvre d’une stylisation extrême.
Quelques objectifs : 50, 40, 32, 28 et 24 mm. Décors en cartons, extérieurs tournés sur les backlots de la Warner. Pellicule couleur Kodak
et contretype numérisé en noir et blanc afin de renforcer la profondeur de champ. Contraste fortement appuyé pour les extérieurs. Transparences pour les scènes de voitures, stock shots
d’époque et jeu théâtral des acteurs. Un hommage visuel au glamour des années 40 et une belle affiche pastichant celle de "Casablanca" de Curtiz. Voilà pour la forme.
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Le fond ? Les dévastations du IIIème Reich, les visions d’apocalypse d’un Berlin en ruine illustrent l’état de déliquescence d’une humanité sordide.
Compromissions après compromissions : le cinéaste condamne, tour à tour, tous ses personnages. Etonnante utilisation de trois voix off. Un amoureux tente de sauver une femme qu’il
ne connait plus (Clooney, parfaitement dépassé), le GI au visage d’enfant n’est qu’une brute dont les pulsions bestiales ne peuvent être contenues (Tobey Maguire dans son meilleur
rôle).
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Reste la femme. Demi-juive aux abois dans un morbide dédale kafkaïen, elle se prostitue, ment, tue et manipule. Ambiguïté ultime : cet individu sinistre ondule
avec la grâce et la fragilité de Cate Blanchett. Accent dietrichien, cheveux et pupille d’une noirceur sans fond.
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Soulignant avec vigueur les atrocités des nazis (seul film américain à évoquer le camp de concentration Dora !), Steven Soderbergh n’oublie pas de dénoncer les aides accordées aux
bourreaux du IIIème Reich par une Amérique prête à tout pour combattre le péril rouge.
Analyse clinique de l’ambivalence morale et remarquable scénario de Paul Attanasio.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |