| titre original | "The dark knight" |
| année de production | 2008 |
| réalisation | Christopher Nolan |
| photographie | Wally Pfister |
| musique | James Newton Howard |
| interprétation | Christian Bale, Gary Oldman, Aaron Eckhart, Heath Ledger, Morgan Freeman, |
| Michael Caine, Maggie Gyllenhaal | |
| récompenses | • Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Heath Ledger |
| • Oscar du meilleur montage sonore | |
| épisodes précédents | • "Batman", Tim Burton, 1989 |
| • "Batman, le défi", Tim Burton, 1992 | |
| • "Batman forever", Joel Schumacher, 1995 | |
| • "Batman & Robin", Joel Schumacher, 1997 | |
| • "Batman begins", Christopher Nolan, 2005 |
Nicholson peut aller se rhabiller ! (review de Pierre)
Pfiou ! Quel splendide pudding que cette suite au déjà très bon "Batman begins". Nolan frappe encore plus fort cette fois, en nous livrant cette vision encore plus sombre de Batman, qui a parfois des airs de "Heat" et de
"Seven".
Le pitch : Trois personnages de Gotham combattent le crime : le commissaire Gordon (Gary Oldman), Batman (Christian Bale) et un jeune procureur fougueux, Harvey Dent (Aaron
Eckhart). Désemparée, la mafia s'en remet à un sale mec étrange, qui n'a ni parent, ni allié, ni histoire, ni nom, ni intention claire si ce n'est celle de tout faire sauter autour de lui
: le Joker...
C'est peu dire que le Joker version Heath Ledger est une ENORME réussite.
Clairement, le mec n'est pas un marrant, il n'a rien à voir avec celui de Burton/Nicholson et tout à voir avec le John Doe de Fincher et Spacey. Il est LA grande réussite du film. Par ailleurs,
la promo a habilement omis de parler de l'AUTRE méchant du film, quasiment aussi réussi. Je ne spoilerai pas, mais sachez que ça vaut gravement le coup aussi.
Au-delà de ça, la mise en image et en musique du film est très belle, avec de superbes images bleutées de
buildings et une atmosphère urbaine apocalyptique hyper bien rendue.
Bref, on n'est pas passé très loin du grand chef-d'oeuvre. Il eut fallu, pour arriver à ce niveau (mais on y est
presque), des scènes d'action un peu moins frustrantes et un tout petit mieux foutues (même défaut que dans le 1). Make no mistake : les quelques scènes d'action sont plutôt pas mal,
mais à ce niveau de réussite, on aurait aimé que ce soit juste un peu mieux.
Autre détail : la voix de Batman, un peu outrée dans le genre "grosse voix" (c'était aussi un défaut du 1, mais
là, c'est pire).
Allez, de toute façon, faut le voir, j'engage gravement ma responsabilité.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Jack Nicholson était-il un Joker trop caricatural à votre goût ? Tommy Lee Jones basculait-il dans le grotesque dans le rôle de Double Face ? Qu’à cela ne tienne : Christopher
Nolan remet les monstres à l’heure avec "The dark knight", redonnant tout le panache qu’ils méritent aux deux super-vilains les plus complexes de
l’univers de Batman. Accessoirement, il réalise aussi le meilleur long-métrage jamais consacré à l’homme-chauve-souris, pour peu qu’on accepte une alternative aux visions gothiques de Tim Burton.
Car "The dark knight" s’inscrit dans la continuité de "Batman begins", prônant la noirceur et l’hyper-réalisme tout en évitant les deux écueils majeurs du film précédent : un méchant
un peu fade et un scénario sans surprise.
A contre-emploi total, Heath Ledger livre une performance hallucinante en
Joker sinistre et psychopathe, performance d’autant plus marquante qu’elle fait office de testament pour cette jeune étoile trop tôt éteinte. Quant à Aaron
Eckhart, il bascule progressivement de la sagesse charismatique à la folie destructrice sous les traits d’Harvey Dent, soutenu par un maquillage numérique horriblement surréaliste.
Influencé par l’atmosphère des albums les plus sombres de la saga ("The Killing Joke", "Arkham Asylum"), "The dark knight" s’attache à nous décrire le chaos qui règne sur Gotham
City, miroir à peine déformant de notre société.
La première originalité du scénario consiste à traiter les dommages collatéraux provoqués par la présence en
ville d’un super-héros tel que Batman : profusion de justiciers amateurs se masquant comme lui pour se livrer à l’auto-défense, effervescence des gangs redoublant d’efforts pour poursuivre leurs
activités… Batman ne fait-il pas autant de mal que de bien en se substituant à la police ? La baisse de la criminalité ne reposerait-elle pas plus prosaïquement sur les épaules d’Harvey Dent,
procureur opiniâtre et incorruptible ? C’est au cœur de cette polémique que surgit le Joker, un être machiavélique et psychotique qui camoufle ses cicatrices sous un maquillage de clown, défie
sans vergogne les autorités et les mafieux, et ne semble vivre qu’avec un seul but : éliminer Batman. A feu et à sang, la cité va connaître une explosion de violence sans précédent…
Paré de seconds rôles épatants (Michael Caine, Gary Oldman, Morgan Freeman, Eric Roberts), "The dark
knight" collectionne les séquences de suspense éprouvantes, le sommet en la matière se déroulant à bord de deux ferry-boats promis à une explosion imminente, acheminant le film vers un
questionnement ultime sur la nature humaine. Les amateurs d’action iconique se régaleront par ailleurs des exploits du super-héros s’envolant pour la première fois comme une chauve-souris géante
au-dessus des toits de ses concitoyens, ou slalomant sur le bitume à bord de son impressionnante « bat-moto ». Seules fausses notes : un triangle amoureux un peu convenu (avec une Maggie Gyllenhaal pas beaucoup plus convaincante que Katie Holmes dont elle reprend le rôle) et une partition impersonnelle co-signée à nouveau par Hans Zimmer et James Newton Howard. Pour le reste, "The dark knight" est un véritable cadeau offert aux amateurs
purs et durs du « Chevalier noir ».
Le
logo Warner Bros. détourné : cliquer ici.


Couverture du Cinefex d'octobre 2008

Minimalist poster by Gidi Vigo
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |