| titre original | "Terminator 3 : rise of the machines" |
| année de production | 2003 |
| réalisation | Jonathan Mostow |
| photographie | Don Burgess |
| interprétation | Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl, Claire Danes, Kristanna Loken |
| épisodes précédents | • "Terminator", James Cameron, 1984 |
| • "Terminator 2 - Le jugement dernier", James Cameron, 1991 | |
| épisode suivant | "Terminator renaissance", McG, 2009 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Dans les années 90, Arnold Schwarzenegger avait affirmé fermement qu’il ne jouerait dans "Terminator 3" qu’à condition que James Cameron le réalise. Une demi-douzaine de flops
plus tard, l’acteur bodybuildé a revu ses élans de solidarité à la baisse et rempile donc pour cette séquelle tardive des deux chefs-d’œuvre de Cameron. La très lourde responsabilité de la mise
en scène échoit à Jonathan
Mostow, qui s’était distingué par un remake à peine camouflé du "Bateau" de Wolfgang Petersen ("U-571") et une variante fort bien troussée sur le thème
d’"Une femme disparaît" d’Alfred Hitchcock ("Breakdown"). La pression était terrible, et tout le monde attendait un peu ce 3ème opus au
tournant.
A vrai dire, Mostow s’en tire plutôt bien, illustrant du mieux qu’il peut un scénario habile mais guère innovant qui puise la plupart de ses idées dans
les deux premiers "Terminator", tout en empruntant sous forme de clin d’œil quelques répliques à "Commando" (« I lied ! ») et à "Aliens, le retour" (« Die, bitch ! »). Nous
retrouvons un John Connor âgé de vingt ans, qui n’a plus les traits d’Edward Furlong mais de Nick Stahl, à nouveau en ligne de mire d’un cyborg venu du futur.
Cette fois-ci, il s’agit du T-X, une « terminatrice » redoutable à qui Kristinna Loken prête ses traits, et dont les bras se muent en armes de toutes sortes.
Comme toujours, un autre cyborg vient lui prêter main-forte, le T-850, massivement interprété par Schwarzie. La course-poursuite peut donc commencer.
Le personnage de Sarah Connor ayant trépassé entre-temps, c’est la future épouse de John (Claire Danes, ex-héroïne
du très maniéré "Roméo +
Juliette" de Baz Luhrmann) qui assure le rôle cameronien de la femme forte et battante. On le voit, l’effet de surprise s’est considérablement
émoussé, et c’est principalement dans les séquences d’action qu’il faut chercher des trouvailles. De ce point de vue, le film ne démérite pas, accumulant les crash de poids lourds en tous genres,
les explosions monstrueuses et les corps à corps musclés entre les deux robots. Mais plus le récit avance, plus il devient évident que l’essence même du concept initial ne repose plus sur les
mêmes bases. Chez Cameron, comme chez le Robert Zemeckis de "Retour vers le futur", l’homme bâtit son propre futur et a la capacité de le changer.
Or ici, c’est le retour au fatalisme de "La planète des singes" : l’avenir est inéluctable et rien ne pourra le
modifier. Ceci étant posé, le combat des protagonistes semble soudain vain, puisque leur destin est déjà écrit. Une perspective guère palpitante qui clôt le film sur une note sombre pour le moins
frustrante. D’autant que le soulèvement des machines promis par le sous-titre nous laissait espérer un climax en forme de lutte homérique entre l’homme et la machine. Une lutte qui se résume ici
à l’intervention d’une poignée de robots roulants et volants. "Terminator 3" n’atteint donc jamais l’ampleur artistique et narrative de ses prédécesseurs, ce qui était à
craindre, et se hisse tout juste au niveau d’une bonne série B musclée.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |