| titre original | "Superman returns" |
| année de production | 2006 |
| réalisation | Bryan Singer |
| interprétation | Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, Frank Langella, Eva Marie Saint |
| version précédente | "Superman : le film", Richard Donner, 1978 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Le voilà donc, ce fameux "Superman returns" qu’on craignait de ne jamais voir éclore sur nos écrans, tant le projet semblait englué dans sa phase de développement. A l’issue d’un
interminable jeu de chaises musicales, le projet échut finalement à Bryan Singer. « Avec les X-men, j’avais une certaine marge de manœuvre, parce qu’aucun
film le leur avait été encore consacré », explique le cinéaste. « Mais Superman est présent dans l’inconscient collectif grâce aux comics, aux émissions radiophoniques, aux dessins
animés, aux séries TV, et surtout au film de Richard Donner que j’adore. J’ai donc dû trouver le juste équilibre entre l’hommage et l’originalité. » (1)
Ainsi, contrairement à un "Batman
begins" qui faisait table rase sur toutes les adaptations l’ayant précédé, "Superman returns" s’inscrit pleinement dans la
continuité du classique de 1978.
Nouveau venu sur le grand écran, Brandon Routh prend dignement la relève du regretté Christopher Reeve (à qui le
film est dédié), avec le subtil mixage de charisme et de naïveté qui sied si bien au héros. A ses côtés, la pétillante Kate Bosworth campe Loïs Lane, tandis
que Kevin Spacey et Frank Langella nous régalent de leurs performances hautes en couleur, dans les rôles respectifs du
super-vilain Lex Luthor et du rédacteur en chef Perry White. « Bryan Singer est resté le même réalisateur qu’à l’époque d’"Usual suspects" », constate Spacey « Même avec un budget colossal et des
effets spéciaux à foison, il continue à s’intéresser d’abord aux êtres humains ». (2)

Les cinéphiles découvriront par ailleurs avec joie que la mère adoptive de Clark Kent est incarnée par Eva Marie Saint, mémorable héroïne de "La mort aux
trousses" même si son rôle est hélas réduit à une poignée de minutes trop courtes.

Marlon Brando lui-même fait une apparition posthume dans le rôle de Jor-El, le père de Superman, sous forme d’un
hologramme réutilisant des rushes tournés par Richard Donner. Les puristes crieront peut-être au sacrilège, mais il faut surtout voir là une véritable déclaration d’amour de Bryan Singer au film
qui berça ses jeunes années. D’où la reprise par le compositeur John Ottman des célèbres thèmes composés par John Williams, ou la réadaptation de quelques
morceaux d’anthologie du film de 1978. Ainsi, le sauvetage de Loïs dans l’hélicoptère en perdition trouve-t-il ici écho dans une époustouflante séquence au cours de laquelle un Bœing 777
s’apprête à exploser en plein vol. L’inoubliable envolée romantique du super-héros et de la belle journaliste a elle aussi droit à une nouvelle variante, nos deux protagonistes virevoltant avec
grâce au-dessus d’un Metropolis numérique.
Mais Singer ne s’est pas contenté de cligner de l’œil vers le film de Richard Donner. Soucieux de séduire les amateurs de la première heure de l’homme
d’acier, il s’est amusé à reconstituer la couverture du premier numéro d’Action Comics, dans lequel Superman faisait ses premiers pas en 1938, ou à reprendre sur un ton semi-parodique de
la fameuse réplique « C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Superman ! » « Je regrette de ne pas avoir moi-même les pouvoir de Superman », conclue Singer. « Ça m’aurait permis de réaliser
"Superman returns" et "X-men 3" en même temps ! » (3)
(1), (2) et (3) propos recueillis par votre serviteur en juillet 2006


Couverture du Cinefex de juillet 2006
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |