| titre original | "Star Wars : Episode III - Revenge of the Sith" |
| année de production | 2005 |
| réalisation | George Lucas |
| scénario | George Lucas |
| musique | John Williams |
| interprétation | Hayden Christensen, Ewan McGregor, Natalie Portman, Christopher Lee, |
| Samuel L. Jackson | |
| épisodes précédents | • "La menace fantôme" (Episode I), George Lucas, 1999 |
| • "L'attaque des clones" (Episode II), George Lucas, 2002 | |
| épisodes suivants | • "La guerre des étoiles" (Episode IV), George Lucas, 1977 |
| • "L'Empire contre-attaque" (Episode V), Irvin Kershner, 1980 | |
| • "Le retour du Jedi" (Episode VI), Richard Marquand, 1983 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Porté aux nues par la grande communauté des fans de Star Wars, considéré même chez les plus enthousiastes comme le meilleur épisode de la saga toute entière, cet Episode III doit probablement cet
accueil chaleureux au fait qu’il boucle soigneusement la boucle amorcée avec "La menace fantôme", assurant avec panache le lien entre les 2 trilogies. Et rien n’est plus gratifiant, pour
un amateur de la première heure, que de s’entendre raconter par le détail les origines de son mythe favori. Voilà pourquoi "La revanche des Sith" suscite autant de dithyrambes,
même s’il s’handicape des mêmes scories que ses 2 prédécesseurs, notamment un rythme déficient, une structure évasive et une mise en scène anonyme.
Lorsque le film commence, la guerre des clones fait rage, ce qui nous vaut une séquence d’ouverture frénétique
mixant la bataille spatiale finale du "Retour du
Jedi" et les scènes de suspense situées à l’intérieur de l’Etoile Noire dans "La guerre des étoiles", d’où un léger sentiment de
déjà vu. Désormais, une franche hostilité oppose le Chancelier Palpatine au Conseil Jedi, et Anakin Skywalker est pris entre deux feux. Comme en outre ce dernier a la vision récurrente de sa bien
aimée Padmé mourant en accouchant de leur descendance, et que Palpatine lui promet le pouvoir de vaincre la mort pour peu qu’il bascule du côté obscur de la Force, le dilemme s’accroît. Et c’est
bien là que réside l’élément le plus intéressant du film : la lente transformation d’un jeune homme en monstre, par amour, par frustration et par ambition. Ce qui entraîne une inexorable
altération de ses relations avec son maître Obi-Wan et avec une Padmé dont la vie ne semble tenir qu’à un fil.
Pour le reste, "La revanche des Sith" prend hélas trop souvent les allures d’une bande démo
d’effets numériques dont l’accumulation et la surenchère finissent par desservir l’impact, malgré quelques beaux morceaux de bravoure comme le combat entre Obi-Wan et l’androïde quadrumane. Reste
un final dantesque et extrêmement noir, prenant d’abord les allures d’un combat à mort entre Anakin et Obi-Wan, et s’achevant sur un épilogue particulièrement osé, qui constitue en effet l’un des
moments les plus fort de la saga, tous films confondus : un montage parallèle qui décrit à la fois l’enfantement dans la douleur des deux jumeaux Skywalker (Luke et Leïa) et la renaissance d’un
Anakin horriblement mutilé sous forme du terrifiant Dark Vador.
La notion de « prequel » remise au goût du jour par George Lucas prend donc
tout son sens avec l’Episode III, qui narre la naissance de l’Empire, la mise au monde des futurs antagonistes, la destruction de l’ordre Jedi, le bannissement de Yoda sur la planète Dagobah,
avec même en prime une petite apparition de Chewbacca. On comprend mieux l’enthousiasme des aficionados, même si, avec le recul, un seul film aurait probablement suffi pour relater les événements
précédant "La guerre des
étoiles".
A l’occasion de ce 3ème épisode, John
Williams a concocté une splendide partition, entremêlant avec grâce et emphase les thèmes qu’il développa pour les 2 trilogies. Reste maintenant à savoir si Lucas se laissera
tenter par un nouveau triptyque, celui qui est censé faire suite au "Retour du Jedi"…

Couverture du Cinefex de juillet 2005
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |