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| titre original | "War of the worlds" |
| année de production | 2005 |
| réalisation | Steven Spielberg |
| scénario | d'après d’H.G. Wells |
| photographie | Janusz Kaminski |
| montage | Michael Kahn |
| musique | John Williams |
| interprétation | Tom Cruise, Dakota Fanning, Tim Robbins |
| version précédente | "La guerre des mondes", Byron Haskin, 1953 |
Review de Pierre
Franchement impressionnant.
Pas grand chose à dire, ça scotche du début à la fin. Le film est tendu comme un arc et place dans un état de tension extrême, qui ne se relâche qu'au générique.
Le scénario est sans AUCUN temps mort. Pas une blague. Dark du début à la fin, ça enchaîne les scènes horribles et hyper crédibles (la scène où Cruise se fait prendre sa voiture). Quasiment
aucune faute de goût, en dehors des aliens qu'on voit à peine mais dont on aurait pu se passer (aussi ratés que ceux d'"A.I.").
Sur le fond, le film est clairement une allégorie de l'holocauste, c'est d'ailleurs quasiment dit dedans (il y a même "Le choix de Sophie"). Il y a aussi un lien avec le terrorisme et le 11
septembre. Bref, ça rend la chose très concrète.
Cruise est excellent et a un très très bon rôle.
Je ne sais plus quoi dire...
Un classique instantané, et immédiatement l'un des 3 meilleurs Spielberg ever.
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Spielberg a choisi d'évoquer la guerre des mondes à travers une famille, et une famille de divorcés.
Ce côté intimiste, allié à une débauche d'effets spéciaux, donne son originalité à l'œuvre.
Tom Cruise compose un personnage de père irresponsable un peu inattendu, ce qui accentue encore l'étrangeté du récit.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
L’annonce d’une nouvelle "Guerre des mondes" signée Steven Spielberg avait de quoi laisser perplexe. D’abord parce que les écrans ont été saturés d’invasions
d’extra-terrestres agressifs depuis des décennies, ensuite parce que le cinéaste a toujours opté pour une vision pacifiste du sujet, comme le prouvent ses deux chefs d’œuvre "Rencontres du troisième type" et "E.T.". Mais ces deux arguments volent en éclat face à l’inventivité constante dont a toujours su faire preuve Spielberg, et à la
noirceur qu’ont acquis ses films depuis "La liste de
Schindler". Contrairement au célèbre film de Byron Haskins, qui réadaptait très librement le texte d’H.G. Wells, le scénario de David Koepp suit
ici fidèlement les étapes de l’invasion extra-terrestre décrite par le romancier. Mais le contexte a été modernisé, et les personnages recentrés sur deux thématiques chères au réalisateur :
l’individu ordinaire confronté à une situation extraordinaire, et les liens qui unissent une famille recomposée.
Tom Cruise interprète donc Ray Ferrier, un docker new-yorkais divorcé qui entretient des relations épisodiques avec son fils de dix-sept ans Robbie et sa
fille de onze ans Rachel. Alors qu’il se voit confier leur garde le temps d’un week-end, un puissant orage éclate et la panique s’empare soudain de la ville. Car une monstrueuse machine vient de
surgir du bitume, désintégrant tous ceux qui passent à sa portée et annonçant une inéluctable offensive… Les séquences de destruction massive qui s’ensuivent atteignent les sommets du traumatisme
spectaculaire, mais l’ambition de Spielberg n’est ni pyrotechnique, ni numérique. La grande force de son film est de se situer à échelle humaine, ne nous décrivant l’ampleur du cataclysme que du
point de vue de son héros.
Ici, nul montage parallèle décrivant des dizaines de protagonistes qui obéissent aux sempiternels quotas sociaux et raciaux, nul débat d’éminents
scientifiques, nulle réunion au pentagone, nul discours du président des Etats-Unis. Laissant ces clichés à "Independence day", Spielberg enterre ainsi Roland
Emmerich, l’un de ses plus fervents imitateurs, et invente quasiment un nouveau genre : le film catastrophe intimiste ! Ce qui ne l’empêche pas pour autant de livrer au public quelques nouvelles
preuves de sa maestria visuelle, notamment lors du surgissement du premier tripode hors du sol, lors des séquences d’émeutes hystériques, ou lors de l’attaque nocturne du ferry-boat.
Sans compter cette longue et éprouvante scène de suspense dans la cabane, qui nous renvoie à la fameuse intrusion des raptors dans la cuisine de
"Jurassic Park". Abandonnant son approche mélodique et thématique, John Williams nous livre ici une partition nerveuse, sourde et inquiétante, empreinte d’influences classiques comme "Le sacre du printemps" de Stravinsky ou le
"Sigfried" de Wagner. Quant à Janusz Kaminski, il
crée pour les besoins du film une lumière très contrastée, laissant briller les regards dans l’obscurité comme dans les films noirs des années 40. En bonus, la chaleureuse voix de Morgan Freeman
introduit et conclut le film, en reprenant quasiment mot à mot le texte d’H.G. Wells.

Couverture du Cinefex d'octobre 2005
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |