| titre original | "The hills have eyes 2" |
| année de production | 2007 |
| réalisation | Martin Weisz |
| scénario | Wes Craven |
| version précédente | "La colline a des yeux 2", Wes Craven, 1984 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Au milieu des années 80, Wes Craven donna une suite à son excellent "La colline a des yeux", et les malheureux spectateurs qui s’y aventurèrent se souviennent
encore avec effroi de l’ampleur des dégâts. Etant donné le succès du remake d’Alexandre Aja, il était inévitable qu’un nouveau "La colline a des yeux 2" voie le jour. Aja et son compère
Grégory Levasseur ayant décidé de ne pas s’impliquer dans cette séquelle, c’est Wes Craven lui-même qui reprit les rênes du projet, signant le scénario avec son fils Jonathan et confiant la mise
en scène à Martin Weisz. Réalisateur d’un certain nombre de clips, ce dernier avait également signé en 2006 le long-métrage "Rohtenburg", inspiré d’un fait divers lié au cannibalisme.
Si le principe de "La colline a des yeux 2" est le même que celui de son prédécesseur, et si le décor n’a pas changé, aucun des personnages du film
d’Aja n’a été conservé, tant du côté des humains que de celui des mutants anthropophages. Les protagonistes sont ici les jeunes soldats d’une unité de la Garde Nationale en plein exercice.
Obéissant à tous les clichés d’usage (la tête brûlée, l’intello, le boy scout, le chef qui crie sur tout ce qui bouge), ils font une halte dans un avant-poste du Nouveau-Mexique afin de livrer du
matériel à des scientifiques œuvrant pour le gouvernement. Or le campement qu’ils découvrent est désert. Après avoir repéré un signal de détresse dans la montagne voisine, les soldats partent à
la recherche des savants disparus. Ils s’apprêtent sans le savoir à jouer dans un remake du « Petit Poucet », le rôle de l’ogre étant tenu par une famille dégénérée et cannibale terrée
dans la colline.
Evidemment, si on le compare à celui d’Alexandre Aja, le survival de Martin Weisz fait bien pâle figure, évacuant toute personnalité et toute
tentative d’innover, d’autant que le principe des militaires attaqués par des monstres ne nous étonne plus depuis "La forteresse noire", "Aliens" ou "Dog soldiers". Mais si l’on accepte de faire
abstraction de cette cruelle carence d’imagination, il faut reconnaître que "La colline a des yeux 2" est un divertissement tout à fait honorable. La mise en scène de Weisz est
d’une grande efficacité, ses séquences d’action fort bien troussées, les décors naturels marocains toujours aussi photogéniques et les effets gore plus extrêmes que jamais, les morts violentes ne
manquant pas de piquant (l’homme réfugié dans les toilettes, le soldat plié en deux dans un terrier).
Aux notions de meurtre sauvage et de cannibalisme s’ajoute ici celle de la reproduction de l’espèce, les mutants s’accouplant avec toutes les femmes qui
leur tombent entre les mains pour perpétuer leur race. Certes, les maquillages spéciaux de KNB ne donnent pas franchement dans la finesse, et les nouveaux mutants cannibales manquent souvent de
crédibilité. Mais d’excellentes idées visuelles s’en dégagent, notamment ce « freak » qui s’adonne au mimétisme dans les rochers grâce à sa peau rugueuse digne de la Chose des "Quatre
fantastiques". Quant au père Hadès (incarné par le colossal Michael Bailey Smith), il s’avère particulièrement impressionnant, ce qui nous vaut un climax déchaîné empli de fureur et de
violence.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |