| titre original | "Jason X" |
| année de production | 2001 |
| réalisation | James Isaac |
| épisodes précédents | • "Vendredi 13", Sean S. Cunningham, 1980 |
| • "Le tueur du vendredi", Steve Miner, 1981 | |
| • "Meurtres en trois dimensions", Steve Miner, 1982 | |
| • "Vendredi 13 : chapitre final", Joseph Zito, 1984 | |
| • "Vendredi 13, chapitre 5 : une nouvelle terreur", Danny Steinman, 1985 | |
| • "Jason le mort-vivant", Tom McLoughlin, 1986 | |
| • "Vendredi 13, chapitre 7 : un nouveau défi", John Carl Buechler, 1988 | |
| • "Vendredi 13, l'ultime retour", Rob Hedden, 1989 | |
| • "Jason va en enfer", Adam Marcus, 1993 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Après la tournure joyeusement parodique qu’avait pris "Jason va en enfer", il était impensable de poursuivre la franchise "Vendredi 13" sur la voie du classicisme. Le scénariste Todd
Farmer s’est donc lancé dans un concept pour le moins audacieux, qu’on pourrait résumer en quelques mots : Jason dans l’espace ! La mise en scène de ce 10ème opus a été confiée à James
Isaac, réalisateur d’un "House 3" passé un peu inaperçu et ancien créateur d’effets spéciaux. L’intrigue démarre dans un futur proche. L’ancien camp de vacances de Crystal Lake est désormais un
centre de recherche scientifique. Jason Voorhees a enfin été capturé par les autorités (ce qui contredit sérieusement le dénouement apocalyptique du film précédent), et le docteur Wimmer
(interprété par David Cronenberg en personne) tient à le maintenir en vie pour étudier son incroyable métabolisme, contre l’avis de l’officier Rowan (la mignonnette Lexa Doig).
C’était à prévoir, le tueur au masque de hockey s’énerve un bon coup et tue tout le monde sans faire de quartier. Rowan parvient tout de même à
l’enfermer dans un caisson de cryogénisation, mais Jason provoque une fuite d’un coup de machette et tous deux se retrouvent congelés… Le récit se transporte alors vaillamment quelque 400 ans
plus tard. La Terre n’est plus qu’une planète morte semée de ruines, parmi lesquelles un groupe d’astronautes découvre les corps de Jason et Rowan. Les scientifiques du futur les transportent
dans leur vaisseau spatial et ont la mauvaise idée de les ranimer grâce à leur technologie médicale avancée.
Et c’est reparti pour un jeu de massacre sacrifiant à toutes les conventions du genre. Car malgré son parti pris science-fictionnel et son changement
radical de décor, ce 10ème "Vendredi 13" ne parvient guère à s’écarter du lieu commun. Les campeurs de Crystal Lake sont devenus des étudiants en médecine, les bois nocturnes des
coursives de vaisseau spatial, mais la mécanique reste strictement identique, et l’ennui s’installe donc lentement mais sûrement. Sans compter que "Jason X" sacrifie au passage à
un autre lieu commun hérité cette fois-ci d’Alien et ses séquelles : la femme forte et pugnace affrontant envers et contre tous le monstre devenu son ennemi juré.
Il faut attendre le dernier quart d’heure pour que surviennent deux folles idées qui relancent tardivement l’intérêt : Jason, réduit en bouillie par une
belle androïde, est « réparé » par les machines du vaisseau spatial et se mue en une espèce de Robocop psychopathe plus redoutable que jamais ; et pour échapper à sa folie destructrice, les
survivants l’emprisonnent dans une réalité virtuelle où il se retrouve dans le Crystal Lake des années 80, face à deux jeunes campeuses hystériques qui le titillent en se dénudant. Hélas, même
ces trouvailles tombent à plat, à cause de la mise en scène sans idée de Jim Isaac, le jeu moyennement convaincu de l’ensemble du casting, la pauvreté des décors futuristes et l’indigence de la
partition synthétique d’Harry Manfredini. Bref, le futur et l’espace n’auront pas réussi à arracher ce pauvre Jason à son inlassable routine, et le dénouement, comme il se doit, s’ouvre vers de
nouvelles séquelles potentielles.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |