| titre original | "Batman begins" |
| année de production | 2005 |
| réalisation | Christopher Nolan |
| photographie | Wally Pfister |
| interprétation | Christian Bale, Liam Neeson, Gary Oldman, Morgan Freeman, Michael Caine, |
| Katie Holmes, Cillian Murphy, Rutger Hauer, Tom Wilkinson | |
| épisodes précédents | • "Batman", Tim Burton, 1989 |
| • "Batman, le défi", Tim Burton, 1992 | |
| • "Batman forever", Joel Schumacher, 1995 | |
| • "Batman & Robin", Joel Schumacher, 1997 | |
| épisode suivant | "The dark knight", Christopher Nolan, 2008 |
Review de Pierre
De ce nouveau "Batman", je ne m'attendais à moins qu'un chef-d'oeuvre :
- l'acteur le mieux casté du monde pour le rôle titre,
- Liam Neeson qui reprend le rôle de qui-gon,
- une initiation au Japon des samourais et un polar burné 70's,
- Oldman, Freeman et Michael
Caine en guest star,
- le réal d'"Insomnia".
Si c'était foiré, je ne comprenais plus rien.
En un mot comme en 100 : waaaaaaaaaaaaaaw !!! Ce film est presque une perfection. Presque parce qu'il y a quelques défauts, mineurs et largement compensés par des qualités
indéniables.
D'abord, une vérité incontournable : ce film est le meilleur "Batman" ever. En réalité, c'est le seul
qui soit vraiment un Batman et qui s'intéresse au personnage. De ce point de vue, c'est royal : une longue initiation du feu de dieu avec Liam Neeson, puis le
retour à Gotham City avec des méchants carrément biens et de la grosse musique qui pète. Le ton est globalement dark
avec peu de blagues.
Le casting est en or massif : Bale parfait, Neeson génial, Michael Caine inoubliable, avec des seconds rôles luxueux (Morgan Freeman, Gary Oldman, Rutger Hauer, tous
irréprochables).
Le scénario est également en or, calqué en grande partie sur la BD de Frank
Miller, "Batman year one" (cool), dont certaines scènes sont carrément copiées sans que Miller soit au générique, et reprend par ailleurs de nombreuses péripéties de "Batman 1" (un peu
dommage à mon sens).
Le défaut majeur, ce sont les scènes de combat cadrées en gros plans qui bougent où l'on ne comprend rien, comme
c'est hélas souvent le cas aujourd'hui. Dommage, mais ça ne détruit pas le film qui ne tient pas la-dessus et qui a de bons personnages. Ensuite, quelques détails tenant parfois à un jeu d'acteur
un peu outrancier dans certaines séquences, mais ça n'est pas bien grave.
Mission largement accomplie pour Christopher Nolan !
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
La saga cinématographique "Batman" semble reposer sur le principe du contre-courant, comme si chaque relecture du mythe visait principalement à s’opposer à la précédente. Ainsi, après le sérial
kitsch et coloré de Leslie H. Martinson, les visions gothiques de Tim Burton et les délires disco de Joel Schumacher, place à une nouvelle noirceur. Exit les costumes multicolores, les cités art-déco, les gadgets futuristes et les méchants de cartoon. D’où le choix du
metteur en scène Christopher Nolan, porté aux nues par deux thrillers atypiques, "Memento" et "Insomnia", et du comédien Christian Bale, évacuant le second degré de Michael Keaton et le glamour de Val Kilmer et George Clooney.
Le cahier des charges de Nolan (crédibilité à tout prix) s’avère louable, mais au-delà d’une volonté farouche
chez Warner de relancer une franchise potentiellement rémunératrice, on s’interroge quelque peu sur la nécessité d’une telle préquelle. Car après tout, le premier "Batman" de Tim Burton nous
racontait déjà les origines du super-héros, à travers un flash-back évoquant la mort des parents de Bruce Wayne et la transformation progressive du jeune garçon en justicier sur-équipé.
Le scénario de "Batman begins" emprunte donc des chemins déjà balisés, même s’il propose une approche intéressante, émaillée de choix artistiques novateurs. Ainsi suit-on le
parcours semé d’embûches d’un Bruce Wayne meurtri, fréquentant la plus basse engeance pour mieux connaître le mal qu’il souhaite combattre, croupir dans une prison asiatique, se former aux arts
martiaux auprès d’une mystérieuse confrérie, puis retourner dans son Gotham City natal pour se muer en homme-chauve-souris.
Le récit jongle ici avec deux interrogations passionnantes, qui nourrissent le personnage et ses motivations :
la vengeance doit-elle se substituer à la justice, et peut-on retourner ses propres terreurs contre ses ennemis ? Car dans ses plus tendres années, Bruce Wayne fut traumatisé par une horde de
chauves-souris au fin fond d’un souterrain qu’il transformera plus tard en batcave. Son équipement, Batman le puise dans les prototypes militaires non utilisés par la toute-puissante compagnie
Wayne Entreprises fondée par son père. D’où un costume fonctionnel arborant un logo discret, et surtout une batmobile évacuant la ligne futuriste des précédents modèles pour se muer en char
blindé noir et anonyme. Cette volonté de réalisme se prolonge dans la chorégraphie des combats, bruts et nerveux, et dans le choix des effets spéciaux, réduisant au maximum les images de
synthèse.
Dommage que la bande originale, conjointement signée Hans Zimmer et
James Newton Howard, se contente de jouer la carte du remplissage sans laisser place au moindre thème digne de ce nom. « Nous voulions ouvertement nous
éloigner des musiques de super-héros traditionnelles », explique Zimmer. « Pour nous conformer à la vision de Chris Nolan, nous avons écrit une partition sombre et tourmentée. J’ai composé les
scènes d’action, riches en sons électroniques, et James s’est plutôt occupé des parties orchestrales et mélancoliques. » (1) Du coup, bien qu’elle soit pétrie de bonnes intentions, cette
6ème relecture du mythe pour le grand écran finit par manquer sérieusement de panache et d’emphase.
(1) propos recueillis par votre serviteur en juin 2005
Le logo Warner Bros. détourné : cliquer ici.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |