| titre original | "AVPR : Aliens vs. Predator - Requiem" |
| année de production | 2007 |
| réalisation | Colin Strause et Greg Strause |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Créateurs d’effets spéciaux visuels haut de gamme via leur compagnie Hydraulx (dont le CV comprend entre autres "X-men 3", "Les quatre fantastiques" et
"300"), Colin et
Greg Strause sont des amateurs inconditionnels des sagas "Alien" et "Predator", et leurs propos à l’encontre du "Alien vs. Predator" de Paul W. S. Anderson
étaient des plus virulents. Lorsqu’ils furent promus réalisateurs d’"Aliens vs. Predator : requiem" et qu’ils clamèrent revenir aux sources des deux mythes (tout en évacuant au
maximum les trucages numériques au profit des maquillages, des costumes et de l’animatronique), un regain d’espoir gagna les fans des extra-terrestres virulents jetés pour la première fois sur
les écrans par Ridley Scott et John McTiernan. Malheureusement, l’enthousiasme fut de courte durée face au manque d’intérêt global de cette inutile séquelle.
Ignorant superbement l’"Alien vs. Predator" précédent, celui-ci se situe chronologiquement après "Predator 2" et avant "Alien". Le contexte n’est
donc pas futuriste, et le récit se situe dans une petite ville montagneuse du Colorado, Gunnison (reconstituée à Vancouver pour les besoins du tournage). Dans des bois nocturnes qu’on croirait
empruntés à la série "X-files", un vaisseau spatial se crashe avec à son bord un Predator en piteux état. Attaqué par un Alien, il vient de donner naissance à une créature hybride, le « Predalien
», qui ressemble comme deux gouttes d’eau au monstre conçu en 1979 par Giger, si ce n’est qu’il arbore en prime des dreadlocks. Lâchée dans la nature, la bête commence à semer la mort
dans la bourgade américaine, accompagnée par une horde de face huggers qui s’apprêtent à pondre leurs œufs dans tous les humains qui passent à leur portée.
Quelques années lumière plus loin, sur sa planète natale, un Predator découvre la scène et décide de voyager jusqu’à la Terre pour détruire cette
créature hybride. L’affrontement entre les deux monstres prend donc la tournure d’une vendetta personnelle, tandis que s’agitent de toutes parts des protagonistes humains insipides obéissant à
tous les lieux communs du genre (nous avons même droit à une jeune mère sportive qui se prend pour Ripley, dégommant les aliens à coup de fusil pour protéger sa fillette). Finalement,
"Aliens vs. Predator : requiem" ressemble à un Horribilis qui aurait oublié tout humour et tout second degré. Autant dire que ses attraits sont quelque peu limités. Généreux en
gore, le film ne lésine pas sur les têtes qui explosent, les visages qui fondent, les bras qui s’arrachent ou les ventres qui se déchirent.
Les enfants eux-mêmes ne sont pas épargnés, la scène de la maternité étant à ce titre particulièrement gratinée. Mais ces accès de violence ne riment à
rien étant donnée la faible teneur des enjeux dramatiques. Les monstres eux-mêmes, conçus par l’indéboulonnable duo Alec Gillis et Tom Woodruff, sont plutôt impressionnants, mais la qualité de
leurs costumes animatroniques ne rend pas leurs combats plus palpitants. Toutes les belles intentions des frères Strause s’évaporent donc dans la nature. A bien y réfléchir, le sous-titre
"Requiem" était prophétique, car avec ce nouvel opus, la double saga Alien et Predator semble bel et bien avoir rendu l’âme…
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |